Dans ma Bibliofood / Partie 2 : Les ouvrages documentaires

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Après Dans ma Bibliofood / Partie 1 : Les Livres de Recettes, partons à la découverte du reste de ma collection. Ouvrons la porte de ma chambre et prenons sous le bras tout ce qui n’est pas simple livre de recettes : essais, ouvrages documentaires, littérature gastronomique…

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Les poches

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Je vais tenter ici de ne pas trop détailler le contenu de chaque ouvrage. Je sais que je n’aime pas commencer un livre en sachant ce qu’il contient, je me dis que vous êtes peut-être un peu comme moi. Je vous propose davantage des idées de lecture, des recommandations. Commençons par les livres de poches. Mon préféré est 2000 ans d’histoire gourmande, de Patrice Gélinet (2008). Naturellement, cet homme de radio est un excellent conteur et cet ouvrage est riche d’anecdotes sur l’histoire de la gastronomie. On y parle évidement de Vatel, mais aussi des poires de M. de La Quintinie et des origines du fromage.

Si l’histoire de la gastronomie vous intéresse, impossible de ne pas avoir dans sa bibliothèque un livre de Madeleine Ferrières, spécialiste de l’histoire de l’alimentation. Je possède deux de ses ouvrages : Histoire des peurs alimentaires, du Moyen Âge à l’aube du XXème siècle (2002), et Nourritures canailles (2007). Ce dernier est mon favori. Il retrace les origines populaires de la cuisine française. Contenu passionnant mais je coince souvent sur l’écriture de Madeleine Ferrières que je trouve spécialement agaçante. On ne choisit pas toujours un livre à visée documentaire pour sa qualité rédactionnelle. Et pourtant, il y a de la bonne littérature dans le domaine de la cuisine. L’excellent Variétés Gourmandes, anthologie de Grimod de la Reynières (1758-1838) est un vrai régal. Pour être exacte, c’est un recueil qui puise dans trois ouvrages d’Alexandre Balthazar Laurent Grimod de La Reynière : Manuel des Amphitryons (1808), Almanach des Gourmands (1803-1812) et Journal des Gourmands et des Belles. Leur auteur est considéré comme l’un des pères fondateurs de la gastronomie occidentale moderne.

Si le déjeuner est le repas des amis, si le dîner est celui de l’étiquette, le souper appartient principalement à l’amour

Grimod de La Reynière

La cuisine des écrivains de Mathias Enard (2010) est également une anthologie, mais qui regroupe plusieurs auteurs : Théophile Gautier, Jules Verne, Boris Vian, Charles Baudelaire, Marguerite Duras ou encore Zola et Flaubert. Des textes extraits de leurs écrits qui peuvent être des scènes de repas, des poèmes, des menus, des apologies et même des recettes.

Trois bries sur des planches rondes avaient des mélancolies de lunes éteintes ; deux très secs, étaient dans leur plein ; le troisième, dans son deuxième quartier, coulait, se vidait, d’une crème blanche, étalée en lac ravageant les minces planchettes à l’aide desquelles on avait vainement tenté de le contenir.

Emile Zola
Le Ventre de Paris

Le pique-nique du diable : un tour du monde des fruits défendus (2005) est un panorama de la prohibition alimentaire réalisé par le journaliste canadien Taras Grescoe. Je n’en dirai rien car je ne l’ai pas encore lu. Je sais cependant que l’on y parle testicules de taureau à l’ail, absinthe et mets dangereux car parfois mortels.

Le livre Noir de la Gastronomie Française de Aymeric Mantoux et Emmanuel Rubin (2011) dénonce les dérives du food business : émissions de télé réalité, chefs (trop) riches et déconnectés, copinages, hypocrisie des critiques gastro ; tout y passe. Un sacré pavé dans la marre à prendre tout de même avec du recul. La critique est parfois à mon sens un peu trop donneuse de leçon, sachant que Emmanuel Rubin est le co-fondateur du Fooding, où ça copine de toute façon autant qu’ailleurs. Les faits sont à connaitre mais l’analyse hargneuse fatigue parfois.

Bilan qui fait peur, puits de savoir et critiques à la cool

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On ne va pas se mentir Les empereurs du fast-food : le cauchemar d’un système tentaculaire (2003) ça donne envie de se tirer des balles ou de bouffer du soja bio équitable Label Vert +++ pour le restant de ses jours, ce qui reviendrait à peu près à la même chose. Il n’empêche que l’on apprend beaucoup de choses dans cet ouvrage de Eric Schlosser qui fut un best-seller aux Etats-Unis.

MANGER : Français, Européens et Américains face à l’alimentation (2008) est un des livres les plus intéressants que je possède sur les pratiques alimentaires. Par contre il faut s’accrocher : avec environs 15 informations que l’on aimerait retenir par paragraphe et ce sur 326 pages, c’est à frôler l’indigestion.

Mes chemins de table (2010) retrace le tour du monde gourmand du journaliste Jean-Pierre Géné qui tient la chronique "Goûts" dans Le Monde Magazine. Un livre qui donne juste envie de manger, de voyager et encore de manger.

Mes chouchous

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Le Hamburger : une histoire sociale des Etats-Unis (2012) est LE livre qu’il faut lire si l’on s’intéresse un tant soit peu aux burgers. On y apprend tout sur ses origines et sur ce qu’il dit de l’Amérique. A lire absolument… mais si vous avez la flemme, je résume tout dans La vraie grande histoire du Hamburger !

Le travail est le steak du hamburger de la vie.

Ray Kroc
businessman visionnaire qui a fait le succès de McDonald’s

Etats-Unis : la cuisine des origines raconte la gastronomie de la Nouvelle-Orléans à travers l’histoire de Shirley Johnson-Beakaert et de sa famille. Toutes les recettes évoquées dans ses souvenirs sont présentes dans la seconde partie du livre. On y trouve notement les pâtés de crabe chaud et l’opossum aux patates douces… (j’ai volé ce livre à ma mère, j’espère qu’elle lira ce billet en diagonal).

L’Histoire à table par André Castelot (1972) est un dictionnaire de la gastronomie dans lequel on peut lire que le galimafrée est un vieux ragoût médiévale, que la bartavelle est une perdrix rouge, que la gimblette est un petit gâteau au cédrat confit et enfin que la purée lesbienne de Paul Reboux est un mélange de deux purées de légumes "au féminin" à savoir carottes et lentilles. Le livre n’explique pas ce que sont les légumes au féminin.

English Cooking : a new approach (1960) est le charmant ouvrage que je me suis offert à Londres le mois dernier dans le librairie Books for Cooks de Notting Hill. Je n’en suis qu’à la page 3, alors je ne vais pas trop m’avancer. Je le mets dans mes chouchous parce qu’il est vraiment, vraiment joli.

Pass the spoon (2012) est un livre que j’ai trouvé au magasin Rough Trade, toujours à Londres. Je l’ai acheté sans trop savoir ce que c’était. Il s’agit en réalité du texte d’une pièce de théatre-opéra délurée, que vous pouvez regarder en ligne ici !

J’espère que ce tour d’horizon de ma bibliothèque vous donnera des idées de lectures. Si vous en avez à me suggérer, je lirai vos commentaires avec la plus grande attention !

La soirée d’anniversaire d’Alloresto

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Jeudi dernier à l’Elysée Lounge, Alloresto organisait sa fête d’anniversaire et soufflait ses quinze bougies. Le célèbre site de nourriture livrée met les petits plats dans les grands pour cette soirée : buffets libanais et japonais, champagne, baby-foot et animations divers. Le cadre est agréable et l’ambiance conviviale. Le discours ému de Sébastien Forest (PDG Fondateur) confirme l’image que je me fais de cette entreprise : une équipe dynamique et proche de ses clients, un succès qui repose sur la relation de confiance qui lie Alloresto et ses partenaires. Une remise de prix récompense les restaurants du réseau Alloresto sur des critères tels que la rapidité de la prise en compte de la commande, ou encore l’enseigne la plus mentionnée sur les réseau sociaux. Car il semble aujourd’hui impossible de parler d’Alloresto sans citer les actions de community management géniales mises en place ces derniers mois sur Facebook, Twitter, Pinterest, Instagram et Google+ (je vous invite à les suivre, sans retenue !). Une soirée donc à l’image d’Alloresto : décontractée, professionnelle et remplie de bonne nourriture.
Un bel et heureux anniversaire ! \o/

M. Mozza est de la party

M. Mozza est de la party


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Plus de photos de la soirée ici !

Junk Food & Street Food, à Londres

Le premier soir, arrivés à King Cross, il nous fallait traverser Londres pour nous rendre à Cutty Sark afin de récupérer les clés de notre appartement à Notting Hill. Google Map annonce 17 miles, 57 minutes : est-ce ceci que nous appelons l’humour anglais ?

Il nous aura déjà fallut plus d’une heure pour rejoindre le point de rendez-vous. Une fois les clés en poche, la faim commence à se faire sentir. Mais sur Creek Road, au cœur du quartier de Greenwich un vendredi à 23h30 nous avons le choix entre un Subway, un kebab, ou un restaurant asiatique. Nous finissons par prendre une table au Tai Won Mein. Ne vous fiez pas aux nombreux avis positifs en ligne : ici vous pourrez manger de la viande baignée dans du sirop de glucose, rien de plus. Mais nous sommes heureux d’être à Londres, et le week-end ne fait que commencer.

Sucre, viande panée, riz, poivrons, sucre.

Sucre, viande panée, riz, poivrons, sucre.

Le lendemain, nous flânons dans le quartier. Le marché de Portobello, au cœur de Notting Hill, est notre première destination. Nous déjeunons d’un trio gagnant muffin-bacon-coffee sur le pouce et profitons du soleil en longeant les façades aux maisons colorées.

Pâtisseries du marché de Portobello

Pâtisseries du marché de Portobello

Notting Hill

Notting Hill

Nous sommes à la recherche d’une célèbre librairie du quartier au nom charmant : Books for Cooks. Nous demandons notre chemin et trouvons ce coin de paradis, au 4 Blenheim Crescent, Notting Hill, London W11 1NN.

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Comme toujours, le paradis sonne comme un parfait enfer. Une boutique charmante, des milliers de références, une envie de tout acheter. Au fond du magasin, un salon de thé où il est possible de déguster gâteaux, cup-cakes et autres muffins. Je regrette déjà mon petit déjeuner : c’est ici que nous aurions dû commencer la journée. Tant pis, je n’ai plus qu’à me consoler côté bouquin… Je m’offre l’ouvrage English Cooking : A New Approach, de Rupert Croft-Cook, 1960. Je tiens bon face à A Culinary History of New Orleans, de Tom Fitzmorris et aux livres sur les Burgers ou les Breakfasts. Fuyons, directions Brixton Market.

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Brixton Market est connu pour sa nourriture des îles tropicales, caribéennes ainsi que pour son marché de puces et de pâtisseries maison. La musique jamaïcaine résonne dans les arcades du marché couvert où nous déambulons entre les montagnes de manioc et de bananes plantains. Les restaurants indiens, japonais, cubain, italiens commencent à ouvrir leurs portes et à déployer leurs terrasses.

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Au bout d’une allée, attirés par l’odeurs des oignons grillés et du cheddar fondu, nous poussons la porte du Honest, haut lieu du burger à Brixton Village.

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Une fois les batteries rechargées et le cholestérol au top de sa forme, nous quittons Brixton pour Covent Garden. Le trajet en bus nous permet de voir le Parlement, la Tamise, Westminster : j’ai déjà le sentiment que ces deux jours vont passer trop vite.
Nous nous baladons, longtemps, dans les rues de la ville. Assez longtemps pour que nos corps de réclament qu’une seule chose : de l’alcool ! Nous nous installons dans un pub sur Kingly Street et commandons un whisky-limonade et un rhum-limonade. Boire les après-midi en Angleterre, sur une banquette capitonnée : de quoi ne plus jamais vouloir rentrer à Paris.

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Nous avons en poche nos places pour un musical au Aldwych Theatre : ce soir nous allons voir Top Hat. Je connaissais le film, avec Fred Astaire et Ginger Rogers mais c’est mon premier spectacle du genre. C’était tout simplement incroyable. En revanche, nous ne dînons ce soir là que d’une simple glace, picorée durant l’entracte.

Kristen Beth Williams & Gavin Lee

Kristen Beth Williams & Gavin Lee

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Aucune photo de ce qui a suivi après le spectacle mais en résumé : nous avons filé dans une boite vers High Street Kensington. L’endroit est un chalet suisse, les serveurs sont en habit de tyrolien et les filles sont toutes cousines avec Heidi. On nous a servi des shots sur des skis en bois et nous avons bu dans une sorte de chaussure de ski flanquée de pailles, surement fluorescentes. En sortant du taxi qui nous ramène à l’appartement, un détour satanique par une épicerie toute aussi diabolique : les repas nocturnes sont les plus odieux !

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Je me suis réveillée avec un bouquetin tamponné sur le bras et grosse cloche qui carillonnait dans mon lobe frontal, mais il fallait bien reprendre nos routes de touristes pressés. Direction Liverpool Street Station et le Brike Lane Market. Les murs du quartier sont un enchantement pour les amateurs de Street Art. Nous marchons, beaucoup, avant de tomber par hasard sur le Sunday Up Market et ses étalages de nourritures. Ici, la street food est partout et les odeurs sont délicieusement insoutenables pour nos petits corps déjà affamés.

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Pour le déjeuner, nous avons gravement péché… Mais la musique crachée par les fenêtre du Diner de Shoreditch nous attire à l’intérieur. Il prend un burger, comme toujours. Je me commande pour ma part un pur attentat diététique…

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Coupables mais heureux, nous finirons par récupérer nos valises à Notting Hill avant d’aller prendre le thé chez Eva, vers Camden. Il sera bientôt l’heure de reprendre l’Eurostar et de rentrer à Paris. Gare de King Kross, nous dépensons nos dernières pièces chez Marks & Spencer avant d’embarquer. Dernier repas dans le train. Je n’ai pas envie de rentrer, je n’ai même pas envie de manger… mais bon, moi j’ai des Fruit tella pour le dessert.

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C’était définitivement trop court ce week-end. Cet anniversaire d’un an d’histoire à deux inaugure une tradition de séjours à l’étranger. J’ai cru l’entendre dire "on pourrait aller à New-York l’année prochaine…". Après avoir su apprécier le romantisme certain de cette proposition, j’ai vu perler devant mes yeux le jus d’un burger américain… Vivement les deux ans !

Le repas Game of Thrones

Le retour de Game oh Thrones saison 3, tout le monde l’a attendu avec beaucoup d’impatience. Mais comme nous savons parfois agir avec sang-froid et sagesse, nous avons préféré attendre quelques temps pour avoir plusieurs épisodes à nous mettre sous la dent.

Alors quitte à dévorer du Games of Thrones, autant jouer le jeu à fond : nous avons alors décidé de préparer un repas spécial "GoT" pour récompenser nos patients efforts.

Que mangent-ils dans Games of Thrones ?

Nul besoin d’être un éminent spécialiste de la série américaine inspirée de l’œuvre de George R. R. Martin pour répondre à cette question : de la viande, des fruits, du fromage et surtout du vin. Il y a aussi du cœur de cheval cru, mais il n’y en avait plus au marché.

Tyrion Lannister boit du vin et mange un cygne

Tyrion Lannister boit du vin et mange un cygne

Daenerys Targaryen mange un cœur de cheval encore tiède

Daenerys Targaryen mange un cœur de cheval encore tiède

Arya Stark ne finit pas son assiette mais veut se battre avec un couteau à fromage

Arya Stark ne finit pas son assiette mais veut se battre avec un couteau à fromage

Robert Baratheon mange 5 fruits et légumes par jour

Robert Baratheon mange 5 fruits et légumes par jour


Cersei Lannister pense que l'eau fait rouiller

Cersei Lannister pense que l’eau fait rouiller

Que mange-t-on dans une soirée Games of Thrones ?

Répartis en deux équipes sur le marché de la Place des Fêtes, Julie et Stéphanie en charge du fromage, du pain et des fruits, Philippe et moi en charge de la viande et du vin. Nous sommes passés chez Le vin de ma vigne rendre visite au gentil caviste et à son adorable petit chien. Nous prenons un carton de Château Le Bois des Fournier (2009), gouté la semaine précédente et que nous avions adoré.

Le vin de ma vigne, le caviste est gentil et le chien s'appelle Vodka

Le vin de ma vigne, le caviste est gentil et le chien s’appelle Vodka

Château Le  Bois des Fournier (2009) à 5€ la bouteille !

Château Le Bois des Fournier (2009) à 5€ la bouteille !

Côté viande, je choisis de cuisiner un rôti de bœuf à l’ail que nous dégusterons froid. Nous sommes certains que Ned Stark aurait adoré ça.

Rôti de bœuf : à sortir à température ambiante au moins 30 minutes avant cuisson.

Rôti de bœuf : à sortir à température ambiante au moins 30 minutes avant cuisson.

Le rôti de bœuf : après cuisson, le faire dégorger au dessus du jus pour le détendre.

Le rôti de bœuf : après cuisson, le faire dégorger au dessus du jus pour le détendre.

Une fois ma viande préparée, je l’emballe dans de l’aluminium puis dans un torchon et je file, les bras chargés de vin et de denrées savoureuses. Je suis aussi détentrice des précieux épisodes sur ma clé USB : telle une Khaleesi, je remplie ma mission ! Arrivée chez les filles, la petite fête peut commencer.

Le repas Game of Thrones et la peau de bête

Le repas Game of Thrones et la peau de bête

Des fruits, du vin et du fromage : Jon Snow je t'attends...

Des fruits, du vin et du fromage : Jon Snow je t’attends…

Le vin a coulé à flots, la viande saignante a tenu ses promesses et nous nous sommes gorgés de délicieux fruits frais. Mais à présent, nous alors devoir attendre encore 3 semaines pour nous retrouver. La prochaine fois, je voudrais faire du faisan mais ce ne sera pas la saison : peut-être nous régalerons-nous alors de canard ou d’un agneau de 7h… affaire à suivre.

Et pour les dimanches soirs TV à venir ?

Dans l’idée des soirées Repas & Série, nous pouvons envisager d’autres menus :

Mad Men : du whishy, du gin et des Lucky Strike (surtout pas de nourriture)

Don Draper et Roger Sterling à la pause déj'

Don Draper et Roger Sterling à la pause déj’

Six Feet Under : de la moussaka

Robbie a une question

Robbie a une question


Ruth reste assez vague

Ruth reste assez vague

The Big Bang Theory : du pain aux courgettes

Sheldon Cooper t'invite à dîner

Sheldon Cooper t’invite à dîner

The Office : des Cheese Balls

Michael Scott, mon héros

Michael Scott, mon héros

Downton Abbey : uniquement du thé (sinon, il faut aller au restaurant)

Les jours de fête, on ajoutera des scones

Les jours de fête, on ajoutera des scones

Twin Peaks : des donuts

Dans les séries, les commissariats sont sponsorisés par des donuts

Dans les séries, les commissariats sont sponsorisés par des donuts

Si manger comme dans les séries est quelque chose qui vous branche, certaines d’entre-elles ont sorti leur livre de recettes : Game of Thrones, True Blood, Downton Abbey, Mad Men, Les Feux de l’Amour ou encore Plus Belle la Vie !

Pizza & Jazz Party, chez Mastino

Spritz à 5€, chez Mastino

Spritz à 5€, chez Mastino

Il y a déjà quatre mois, je notais Mastino au crayon de bois dans ma liste des restaurants parisiens à découvrir. Alors quand l’invitation "Pizza & Jazz Party" sonne à la porte de mes notifications Facebook, je saute sur l’occasion. Je réserve directement par message privé : ce restaurant est super connecté !

Après quelques bières chez Francis Labutte, au 122 rue Caulaincourt (Paris 18ème), nous remontons jusqu’au 46. Le quartier est si beau la nuit. Nous parlons de l’époque des Fitzgerald et de Hemingway. J’apprends qu’à présent, c’est Olivier Besancenot qui vit dans le quartier : je relance sur Gertrude Stein.

Du Mastino, dans le nuit noire et l’air frais, sortent déjà quelques notes de jazz qui s’accrochent à nos écharpes et nous attirent à l’intérieur. L’accueil de Charles, Direttore della pizzeria comme on dit, est chaleureux. L’odeur de pâte fine et de parmigiano frais creusent nos estomacs : nous sommes prêtes à dévorer la carte. Ce soir, toutes les pizza sont à 12€ et le Spritz à 5€. Comme Julie ne nous rejoindra que plus tard, Marie, Stéphanie et moi nous partageons trois Spritz et trois pizza :

Diavola : tomate, mozzarella, aubergines, taleggio, salami piquant & basilic
Valtellina : tomate, mozzarella, aubergines, bresaola, roquette & parmesan
Parma : tomate, mozzarella, jambon de Parme, scamorza fumée & romarin

Généreuses pizza, chez Mastino

Généreuses pizza, chez Mastino

Ici, la très grande majorité des pizza est "rouge", assez peu de pizza "blanches". Pour moi je l’avoue, c’est tomate sinon rien : on a tous notre petite idée de l’Italie. Il y a quelques mois, à Lyon, je rédigeais un article pour exprimer mon indifférence et ma perplexité : la pizza ne me touchait pas.
Et bien ce mardi au Mastino, bercée par la trompette de Daniele Raimondi et le clavier de Nicholas Vella, je me découvre plus d’affinités avec ce plat.

Peut-être est-ce le Spritz, l’air de Montmartre, la justesse de la décoration ou la fraicheur de mes amies, toujours est-il que j’ai trouvé ces pizza fameuses et l’ambiance musicale (bien que parfois à la limite de l’assourdissement) très appréciable.

J’avais gouté quelques jours plus tôt les spécialités de la pizzeria La Cerise sur la Pizza, au 96 rue Jean-Pierre Timbaud (Paris 11ème) et déjà, je sentais que ce cercle de pâte fine et moi-même étions en phase de réconciliation. J’attribuais une bonne note à cet établissement, bien que plus marseillais qu’italien.
Mais dans mon petit carnet des restaurants de Paris, j’ai tout raturé mardi dernier pour indiquer qu’à ce jour pour moi, c’est bien chez Mastino que l’on déguste les meilleurs pizza.

La vraie grande histoire du Hamburger

Robert Crumb

© Robert Crumb

Encore un article sur les burgers ? Après l’avalanche de steaks, de buns et d’oignons grillés qui déferle depuis 2 ans dans nos magazines et sur le web : ASSEZ !

Objet culinaire pouvant à la fois atteindre des sommets de perfection avec par exemple la Cheese & Burger Society, stimuler la création de jeunes graphistes sur le tumblr Fat & Furious Burger, il sacralise aussi pour beaucoup le point zéro de la gastronomie et l’avilissement des foules par le gras via McDonalds et autres fast-food.

Ce billet n’est pas un énième listing des meilleurs burgers de Paris ni le point sur la présence de dents de rats dans un Big Mac perdu au fin fond de l’Ohio. Parlons ici du vrai Hamburger, de son Histoire, de l’histoire des gens qui ont construit son mythe : parlons du hamburger comme d’un parent perdu duquel nous voudrions, soudainement, tout savoir de la furieuse jeunesse.

Comme tant de créations géniales, notre sujet du jour n’a pas vraiment de date anniversaire. Plusieurs américains clament leur paternité, mais il semblerait que le hamburger soit l’enfant d’un mariage pour tous, et surtout d’un mariage à plusieurs. Nous pouvons tout de même apporter quelques informations quant à l’origine du hamburger et de ce nom qui, malgré les apparences, n’a rien à voir avec le jambon.

Et un jour naquit l’Amérique

© Martha Rich

© Work / Corbis


Tout le monde sait que les Américains des État-Unis d’Amérique n’existent pas depuis bien longtemps, n’ont rien d’un peuple ancien et ne sont pas tous issus d’une racine commune. Oui, il y avait les indiens, mais les indiens n’ont pas inventé le hamburger.

Au XIXème siècle, la ville de Hambourg en Allemagne était l’un des principaux ports d’embarquement des émigrants désireux de conquérir la grande Amérique. L’allemand fraîchement débarqué , comme tout expatrié, garde dans sa cuisine une part importante de ses origines. Dans son alimentation le steak de Hambourg tient une place importante. Il se compose de boeuf et s’apparente à une saucisse de viande séchée qui a l’avantage de bien se conserver. A cette époque, la viande de boeuf est chère et n’a pas, en Amérique, la place dominante qu’elle tient aujourd’hui : c’est le porc qui s’impose dans les assiettes. L’option "steak de Hambourg" apparaît alors comme un bon moyen de se procurer de la viande de boeuf pour un prix raisonnable, même pour les foyers les plus modestes.
De cet élément conjoncturel naîtra le hamburger. Le steak de Hambourg est très largement consommé à la maison, agrémenté d’oignons. Il n’est pas encore question à ce moment là de le servir faxé entre deux petits pains.

Mais qui a eu cette idée folle ?

Qui mange son steak de Hambourg entre deux tranches de pain le premier ne peut se prévaloir d’être le papa du hamburger. Il y a pourtant foule au portillon des reconnaissances de paternité, bien que chaque candidat ne puisse apporter la preuve formelle de sa légitimité. Listons cependant ici les principaux prétendants au titre :

  • en 1885, Charlie Nagreen originaire de la ville de Seymour dans le Wisconsin, place des boulettes de viande de boeuf entre deux tranches de pain et part les vendre à la foire d’Outagamie : et PAF ! un hamburger ! Plus de 100 ans après, en 1990, la ville de Seymour inaugure même son Hamburger Hall of Fame pour asseoir son inconstatable statut de ville mère du hamburger. Elle organise même le burgerfest, grande fête du hamburger à l’occasion de laquelle il est possible de pratiquer le ventriglisse sur du ketchup.

Ketchup Slide, Seymour

Ketchup Slide, Seymour

  • en 1885 toujours, les frères Franck et Charles Menches originaires de l’Ohio vendent des sandwichs à la viande hachée au marché de Hamburg dans l’État de New-York. Hamburg ? Les frères Menches sont à deux doigts de s’attribuer l’invention du hamburger en envoyant valser les origines allemandes grâce à cette heureuse coïncidence nominale. Notons que les ingénieux frères déclarent également avoir inventé le cône à crème glacée…

Franck et Charles Menches

Franck et Charles Menches

  • en 1904 Fletcher Davis, originaire d’Athens au Texas, vend des sandwichs au steak de Hambourg à la foire mondiale de Saint-Louis. Le succès est au rendez-vous et semble marquer la vraie naissance du hamburger sous sa forme actuelle. Cette théorie est appuyée en 1983 par l’éditorialiste Frank T. Tolbert, lui aussi originaire du Texas, qui soutient que Fletcher Davis est l’inventeur à l’époque d’un "nouveau sandwich" : le premier hamburger. Le très sérieux Frank T. Tolbert s’appuie pour soutenir sa thèse sur un article non contestable de la Tribune de 1904 qui fait de Fletcher Davis le père de hamburger. Malheureusement pour lui la suite de l’histoire prouvera que ce fameux article cité par Frank T. Tolbert n’a jamais existé. L’année 1904 est cependant communément considérée comme l’année de naissance du hamburger. De nombreuses manifestations en 2004 en ont fêté le centenaire.

Davis Fletcher

Davis Fletcher



Pain + fordisme = hamburger

Manger de la viande de boeuf en sandwich entre deux tranches de pain semble donc se faire un peu partout à travers les État-Unis depuis le début du XXème siècle. L’appellation Hamburger est, avec le temps, donnée à ces sandwiches de pain de farine blanche enrichie, contenant un galette de viande hachées aux oignons (généralement aplatie à la spatule sur le grill), agrémentée de moutarde et du ketchup. Ces hamburgers sont en vente dans les restaurants, sur les marchés et les foires mais la Grande Histoire du Hamburger doit sa naissance à deux hommes que rien ne semblait pourtant rapprocher.

Le premier est cuisinier et s’appelle Walt Anderson. Il possède un petit camion dans lequel il prépare des hamburgers. Sa pierre à l’édifice du hamburger sera d’être le premier à comprendre l’importance du pain à hamburger : le bun.
Il crée un pain spécifiquement conçu pour tenir dans la main et, le plus important, que l’on grille dessus dessous pour ne pas le laisser se détremper trop rapidement par le jus de la viande de boeuf.
Ses burgers sont fort appréciés des habitants de Wichita au Kansas, mais Walt Anderson manque de fonds pour faire évoluer son commerce. C’est alors que son agent immobilier, Edgar Waldo Billy Ingram, qui croit au potentiel du hamburger investit dans l’affaire d’Anderson.
C’est la naissance, en 1916, du premier restaurant de la chaîne de fast-food White Castle et de son hamburger à 5 cents. Cet établissement, fort du génie visionnaire qu’était Ingram, sera le premier à mettre en place une standardisation des préparations, un service à la chaîne, un guichet adapté aux automobilistes (le drive-in) dans un pays où la voiture est reine. L’industrie à la chaîne et l’uniformisation sont des valeurs que l’on rejette aujourd’hui en termes d’alimentation. Mais à l’époque elles représentent l’ordre, la modernité, le futur.

Walt Anderson, White Castle, 1916

Walt Anderson, White Castle, 1916

L’eldorado du hamburger

Le modèle White Castle est ensuite copié dans tous les État-Unis et les enseignes fleurissent : Wimpy en 1930, KFC en 1939, Burger King en 1954 sans oublier évidement McDonald’s en 1937. L’entreprise est créé par les frères Maurice et Richard McDonald’s à Arcadia en Californie. Leur réussite repose cependant sur un seul homme : Ray Kroc. Visionnaire génial, il consacrera sa vie à la marque. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’Amérique devient pour le reste du monde un phare vers lequel les visages se tournent. L’innovation et le goût du risque caractérisent l’histoire de McDonald’s. Service rapide en flux continu, absence totale de vaisselle, partenariat avec Coca-Cola, refus de vendre l’entreprise à la Consolidated Foods ou autre géant de l’alimentaire : autant de décisions assumées par McDonald’s que d’autres n’ont pas su prendre.

La stratégie de la marque lui permettra non seulement de conquérir les Etats-Unis entre les années 30 et 70, mais aussi de s’exporter dans le monde dès 1970 avec un établissement au Costa Rica. Le premier restaurant de la marque à ouvrir en France sera le McDonald’s de Strasbourg, inauguré le 17 septembre 1979.

Du hamburger au burger

© Cotton Factory

© Cotton Factory


Depuis, chacun vit son histoire avec le géant du hamburger. Qui peut, dans nos entourages, aujourd’hui affirmer n’avoir jamais mangé un seul produit McDonald’s ? Envie coupable de fin de soirée, instant familial de zone commerciale, réconfort d’un dimanche larvé. Je mentirais en affirmant ne pas aimer ça. A ceux qui disent que McDonald’s n’est pas de la nourriture je réponds : oui, mais c’est du McDonald’s. Tout comme une pizza surgelée n’est pas une pizza : le produit n’en reste pas moins agréable pour ce qu’il est. Il existe des hamburgers préparés en moins de 7 secondes, des buns fadasses et détrempés, des steaks plus fins qu’un iPhone 5. Mais il existe aussi des burgers meilleurs qu’une blanquette de veau, des buns plus réconfortants qu’une baguette de pain et des steak plus généreux qu’un tournedos. Je fais alors une différence aujourd’hui entre un hamburger et un burger, entre un burger maison, de brasserie, de pub, de café et un hamburger de la marque ou d’un autre fast-food. Ils ne comblent pas les mêmes envies, ne véhiculent pas la même idée de l’alimentation mais procurent tous deux un plaisir particulier, juteux et presque coupable.


Références :
Le Hamburger : une histoire sociale des Etats-Unis, par Josh Ozersky. Buchet Chastel, 2012.
Wikipédia : Mc Donald’s, Hamburger
, History of the hamburger
Autre : History of Hamburgers,