Une journée sans fausse note, San Francisco

La maison dans laquelle je suis accueillie ici possède un jardin. Il y a des fleurs violettes dans ce jardin, violettes comme la maison. Un matin, nous avons préparé le petit-déjeuner, pris le New-York Times et sommes descendues dans le jardin aux fleurs violettes, derrière la maison à la peinture violette, pour manger nos tartines de beurre et de confiture. Le ciel était bleu sans nuage et le vent californien semblait nous offrir une matinée de répit.

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Après le petit-déjeuner nous avons quitté la maison violette et avons marché en direction du Golden Gate Park. Nous sommes montées dans la voiture de Taylor, avons pris des sandwichs végétariens au Arguello Market puis avons roulé jusqu’à la plage, Ocean Beach. J’ai touché l’océan Pacifique pour la première fois. Le vent soufflait de nouveau, la trêve semblait terminée. Nous sommes montés aux Lands End, rivage proche de l’embouchure du Golden Gate. Nous avons vu des dauphins sauter dans les eaux déchainées, des vols d’albatros au dessus de nos têtes et même des otaries jouant dans les vagues. J’ai ramassé des petites branches pour fabriquer un fagot de bois qui vivra bientôt sur notre balcon parisien.

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Après cette marche et toute cette joie qui souvent nous avait submergés, nous avons décidé qu’il était temps de se régaler de quelques cocktails enivrants. Nous nous sommes rendus au quartier de Haight-Ashbury, au The Alembic Bar. Nous nous sommes installés à cinq sur des banquettes de cuir noir, dans un coin mal éclairé. Je me figurais que nous étions dans un de ces speakeasy si souvent croisés dans mes livres américains. Les cocktails étaient délicieux. Les gens aussi.

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Nous sommes tous montés dans la voiture de Taylor et avons roulé jusqu’au Shanghai Dumpling King de Balboa Street. C’est un restaurant chinois familiale où la carte est immensément longue, le centre de la table est tournant pour faire circuler les plats entre les convives, et les clients amènent leur propre alcool. Naturellement, ces compostantes associées, la soirée fut sacrement belle. Le repas était délicieux et les prix très corrects, ce qui est agréable pour une ville comme San Francisco. J’ai mangé ce soir là des Banh bao qui goutaient comme le paradis. Des nuages végétariens.

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Après le dîner nous sommes de nouveau montés dans la voiture. C’est utile la voiture à San Francisco. Ce n’est pas tellement une question de distances mais bien davantage une question de dénivelés. Les collines de la ville ne sont pas une légende, et certains trajets paraissant être courts sur une carte sans reliefs peuvent vous mener dans des rues atteignant un dénivelé de 30%. Il va sans dire que les voitures ici ont des boîtes automatiques et que les démarrages en côté n’effraient de ce fait personne.

Nous avons roulé en direction de Twin Peaks. Le poste de radio diffusait Kendrick Lamar. La vue de Twin Peaks est légendaire et nous n’étions pas seuls à contempler l’immensité lumineuse. Il faisait froid. Certains étaient venus avec des couvertures et se lovaient à deux dans des plaids aux couleurs léopards. Le poste de radio diffusait Dr. Dre. Nous sommes restés tous les cinq un moment à nous remplir de cet air et de cette électricité. Puis Taylor a remis le contact. Le poste de radio diffusait Jamie xx. Nous avons ramené Lisa et Milton. Nous sommes arrivés à la maison violette. J’ai oublié mon fagot de bois sur le siège avant de la voiture.

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Un seul regard sur San Francisco

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Voilà une semaine que mes nuits sont à San Francisco. Difficile de s’exprimer sur cette ville sans répéter ce qui mille fois fut dit par d’autres, écrit par d’autres, chanté par d’autres.

Cet endroit a quelque chose qui ressemble à la maison. Cet endroit a quelque chose qui ressemble à chez-soi. Aucune distance ne s’impose entre cette ville et celui qui s’y rend. La poésie est partout. C’est ce qui m’a frappé en premier en arrivant ici. C’est comme si les émigrants de la Ruée vers l’Or, en avançant d’Est en Ouest, avaient accroché à leurs semelles de vent la beauté des espaces naturels de ce pays afin de polliniser le sol d’une poésie singulièrement américaine. Elle s’est alors mariée avec la richesse des cultures précolombiennes et espagnoles pour éclore d’une ville aux couleurs enivrantes.

Quand j’étais à New-York, souvent je m’arrêtais en marchant, frappée par l’immensité et le gigantisme. Ici j’ai l’impression de m’arrêter pour le détail, l’insignifiant. Un arbre auquel on a accroché des rubans, des photographies jaunies agrafées à la façade d’une maison, des mots que l’on se laisse à la craie sur des bouts de trottoir. Les habitants de cette ville semblent s’approprier l’espace comme lieu de créativité. Je rêverais d’un Paris aussi libre.

Souvent quand des amis viennent nous voir dans notre appartement du 19ème et qu’il est l’heure pour eux de rentrer, nous leur conseillons de se rendre au métro de la Place des Fêtes par les rues Emile Desvaux ou Paul de Kock. Ce sont deux rues aux maisons belles et pittoresques qui rappellent les villas de la Mouzaïa ou de La Campagne à Paris. Oui, deux rues. Je pense à cela car à San Francisco, il serait bien difficile de conseiller quelconque itinéraire pour voir de jolies maisons. Les bâtisses victoriennes sont partout et rivalisent de somptuosité. Je suis incapable de dire où j’ai croisé telle ou telle maison tant chaque rue en possède.

Il ne reste plus que huit jours et cette aventure américaine touchera à sa fin. Elle n’aura pas été cependant exempte de difficultés. Je n’étais pas si bien préparée que cela à voyager seule. Mon amie travaillant la journée, c’est accompagnée de moi et de moi-même que je vois toutes ces choses magnifiques. Je ne suis pas de celles que la contemplation silencieuse satisfait. J’aime m’exclamer, rire et faire le zouave. Je rencontre des inconnus et toujours ces échanges s’inscrivent en moi et dans le voyage. Mais c’est la présence de ce que l’on aime qui manque quand nos yeux sont extatiques de joie. Je ne suis pas une fille solitaire et il m’aura fallu venir ici pour le comprendre. Le chemin est le voyage.

Il me reste huit jours à vivre en Amérique. Aujourd’hui j’ai déjeuné de pancakes au sirop d’érable. Une fille venait me resservir du café, mais elle n’avait pas de rollers aux pieds. Cet après-midi je me rends à Japantown où Elsa m’y rejoindra. Ce sera le début d’un week-end de trois jours en raison du Labor Day ce lundi 5 septembre. Nous marcherons dans la nature, nous ferons un pèlerinage beatnik, nous irons à deux concerts, nous boirons quelques cocktails. Je savourerai d’être avec elle car la distance nous sépare et se traduit en années d’absence. Il m’aura fallut faire tous ces kilomètres pour la voir. Il m’aura fallut me rapprocher de celle qui me manquait tant pour réaliser qu’aujourd’hui, tout le monde me manque. Le chemin est le voyage.

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Traverser l’Amérique en train

Lorsque j’ai commencé à préparer ce voyage en Amérique, j’étais très excitée à l’idée de prendre le train nommé California Zephyr qui parcourt les États-Unis de Chicago à San Francisco. Son tracé évoque pour beaucoup la route des pionniers américains avançant d’Est en Ouest à la conquête du pays. Moi j’y voyais surtout l’occasion de traverser les terres des indiens.

J’ai préparé mon sac la veille du départ et suis allée faire mes courses au Harvest de Williamsburg pour me nourrir durant les 70h de train qui m’attendaient. Je savais que la nourriture à bord était assez chère et qui plus est vraiment mauvaise. Je suis partie avec les vivres suivants : un paquet de tortillas de maïs, des tomates cerises, un tube de moutarde, des tranches de tofu à la tomate, des Babibel, des barres de granola aux cacahuètes, de la banane séchée, deux avocats, des brugnons, des mandarines, de l’eau.

J’ai pris le métro avec mon énorme sac de Williamsburg à Penn Station. La chaleur de New-York était insupportable ce jour-là, je suis arrivée épuisée. Comme prévu, je me suis perdue dans cette immense gare et j’ai même réussi à arriver à la dernière minute sur le bon quai bien que je sois arrivée dans l’enceinte de Penn Station deux heures avant le départ ! On ne prend pas le train aux États-Unis comme en France. Il faut d’abord enregistrer ses bagages, qui sont ensuite acheminés vers la soute. Moi je n’ai rien compris de tout ça. De plus, il y a très peu de panneau d’affichage. La majorité des écrans passaient en boucle des spots anxiogènes tels que : comment repérer un terroriste, If you SEE something SAY something, mais également comment réagir en cas de tremblement de terre ou d’ouragan. C’est un peu stressée que j’ai fini par m’installer dans le train.

Comme je me trouvais à New-York et que le California Zephyr débute à Chicago, j’ai dans un premier tant dû rejoindre l’Illinois. J’ai pris le Lake Shore Limitied pour un premier voyage de 19h. Une traversée des états de New-York, Pennsylvanie, Ohio, et de l’Indiana.

A dire vrai, le voyage ne s’est pas bien passé. Le début s’annonçait agréable pourtant car les paysages sont très beaux le long de l’Hudson jusqu’à Albany. De magnifiques maisons au bord de la rivière me donnaient envie d’y séjourner un peu, lors de prochaines vacances en Amérique. Malheureusement j’ai pris le train en fin d’après-midi et la nuit est rapidement tombée. Il n’y avait dès lors plus rien a regarder. J’ai tenté de dormir un peu, mais je dois avouer que ce train n’est pas très confortable. Et puis nous sommes arrivés, vers minuit je pense, à Buffalo. C’est là qu’est entré un énorme monsieur plein de mauvaises manières, parlant très fort, se raclant le nez et la gorge et sentant le bacon froid. Il s’est assis à côté de moi. Il était vraiment énorme et je devais me coller à la fenêtre car ses fesses empiétaient grassement sur mon fauteuil. J’étais mal à l’aise, j’étais écœurée et contrariée. Alors quand il a commencé à regarder sur son téléphone, avec une loupe, des photographies de jeunes filles, j’ai vraiment eu envie de m’enfuir. Ce visage bleuté par la lumière du téléphone à moitié collé sur son œil, dans la pénombre d’un train de nuit… j’ai à ce moment là eu quelques doutes sur la suite de mon rêve Américain. J’ai attendu qu’il s’endorme en ronflant comme le buffle de Buffalo qu’il semblait être et je l’ai enjambé, non sans craindre qu’il ne se réveille subitement. J’ai pris mon duvet et suis allée me recroqueviller par terre dans un coin du wagon, là où l’on met les bagages. J’ai dormi en boule sur le sol, tout au bout du train, et me figurais être une nouvelle espèce de Clochard Céleste.

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Pat la fenêtre arrière du Lake Shore Limited

Beaucoup des villes que nous avons traversées semblaient abandonnées, délabrées. Beaucoup de bâtiments fermés, aux vitres cassées et aux portes murées. Ce propos reste à nuancer car je n’ai toujours vu qu’une partie de ces petites villes : la partie proche de la gare. Même en France, les environs des gares ne sont jamais les zones les plus représentatives d’une ville.

C’est de jour que nous sommes arrivés à Chicago, en fin de matinée. J’avais prévu de profiter des quatre heures d’escale pour faire un tour assez précis dans la ville, j’en avais même imprimé le tracé que j’avais collé dans mon carnet de route. Je devais visiter une fromagerie, voir le métro aérien, passer devant un vieux théâtre et me balader dans un parc. Malheureusement, épuisée et de mauvaise humeur, les signaux étaient au rouge pour moi et je n’avais ni l’énergie ni le cœur assez léger pour déambuler dans les rues le nez en l’air. J’ai mis beaucoup de temps à rejoindre le centre de la gare et à trouver une consigne. Je voulais juste racheter quelques vivres pour le reste du voyage: en boule dans mon duvet à l’aube, j’avais grignoté des Babibel et des tortillas comme une vieille folle insomniaque dans la pénombre.  Je n’aurais donc vu de Chicago que la gare, quelques rues et bâtiments et enfin le Whole Foods Market.

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La Gare de Chicago

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Chicago vu du parking du Whole Foods Market

J’ai racheté de l’eau, du pain de mie aux raisins et me suis pris du taboulé libanais pour me réconforter de cette triste nuit.

C’est enfin qu’est arrivée l’heure de rejoindre le quai du California Zephyr. J’ai enregistré mon bagage car cette fois-ci, j’avais tout bien compris. Je me suis tenue prête pour monter dans les premiers dans le train car je voulais être certaine d’avoir une place côté fenêtre. Au final, je me suis rendu compte que le personnel de bord nous plaçait et que mon empressement de première de la file n’avait pas servi à grand-chose. Ça m’apprendra. J’ai finalement été côté fenêtre, et j’ai même eu deux places, ce qui m’a permis de très bien m’installer. D’ailleurs, les fenêtres sont si larges que j’aurais très bien vu le paysage, d’où que ce soit. Cette envie d’être bien placée m’a rappelé que j’étais une française vivant à Paris !

Le train s’est ébranlé, mon cœur aussi, et c’était parti pour une traversée de l’Amérique. Ce voyage fut comme un rêve. La beauté des paysages, l’ambiance détendue des passagers, les nombreuses rencontres et la lenteur du train qui pousse à la simple détente et la totale contemplation furent un régal durant trois jours.

Dès que nous avons dépassé Ohama, j’ai constaté la diversité des paysages. Dans ce coin là les terres sont vallonnées, recouvertes d’une prairie peu aride et d’une grande quantité d’arbres. De nombreux troupeaux de vaches noires, qui devaient je pense être des Angus, parsemaient les immenses champs. La très grande majorité des exploitations bovines que j’ai pu voir sur ma route offraient beaucoup de place aux animaux. Je n’ai vu qu’un seul de ces endroits horribles où les bêtes sont entassées et compressées entre des barrières.

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La plus belle partie du voyage se situe entre Denver et San Francisco, soit pas moins de 1 500 kilomètres de paysages incroyables. Traverser les Rocheuses, l’Utah, la rivière Colorado ou encore le Nevada est tout simplement époustouflant. J’ai eu la chance d’être dans le wagon attenant à la voiture panoramique où j’ai passé la majeur partie du voyage à parler avec des gens d’une diversité aussi grande que les paysages qui berçaient nos discussions. Reginad le joueur de trompette de Chicago, Chadd l’écrivain de Salt Lake City écrivant sur la pêche, Everett l’Amish travaillant dans une scierie de l’Ohio, ou encore l’institutrice Steiner de Melbourne dont j’ai oublié le prénom mais qui était si douce et gentille. Il y a aussi tous les gens que l’on croise souvent entre les wagons ou sur le quai lors de divers escales et que l’on commence à saluer comme si nous étions tous voisins.

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La première nuit, il y a eu un énorme orage. Le train a percuté un arbre tombé sur les rails. Nous avons pris du retard mais je m’en moquais, toute émerveillée que j’étais par la puissance des éclairs. Le ciel, déchiré en tous points, restait parfois blanc durant plusieurs secondes. En raison de cette histoire d’arbre sur la voie nous avons même dû arrêter toutes les machines ce qui fut l’occasion pour nous d’entendre le tonnerre gronder. J’en aurais pleuré de beauté tant tout était confortable, rassurant et superbe. J’étais comme à la maison. Une maison qui bouge et voit défiler par la fenêtre l’Amérique toute entière. C’était comme si soudain, les fenêtre étaient cette télévision que je connais depuis l’enfance et qui toujours nous plonge dans ce pays fascinant.

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Sur la route, les petites villes se succédaient et chacune donnaient à voir un morceau de l’Amérique : chevaux, pick-up, bungalows de location au milieu de conifères, motels tout en longueur comme dans les films.
Peu à peu les villes furent de plus en plus rares et la nature a fini par dominer. Roches, arbres, rivière, tout était magnifique. La diversité des couleurs était incroyable.

Le dernier soir dans le train, j’ai décidé de dîner dans le wagon restaurant. Je savais que la nourriture n’y serait pas bonne, mais je voulais m’offrir le luxe de manger sur une nappe blanche au bord de la rivière du Colorado. C’est amusant car c’est le personnel de bord qui vous installe quand vous dînez seule et je me suis retrouvée avec trois garçons du New-Jersey, jouant au football américain, portant des casquettes et ayant totalement l’aspect des gens que l’on voit dans American Pie. Timide, je me serais certainement assise à une table vide. La vie est bien faite. C’était un repas très amusant et je ne regrette pas d’avoir commandé ces horribles quesadillas végétariennes et ce verre de Pinot Noir de Californie qui masquait un peu le goût du mauvais fromage.

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Je dois tout de même raconter ici le moment de grâce incroyable qui s’est déroulé juste avant le repas. Je discutais avec Everett l’Amish et Chadd, qui n’était à ce moment là que l’homme à la chemise rouge de Salt Lake City. Il nous apprend alors qu’il est écrivain, et qu’il écrit sur la pêche, et que son livre vient de paraître. Je lui dis que c’est amusant car j’ai terminé de lire il y a quelques mois un livre qui m’a totalement bouleversée et qui s’appelle La Pêche à la Truite en Amérique, de Richard Brautigan. Chadd a bondi sur son siège ! Il n’en revenait pas que nous connaissions Brautigan en France, il n’en revenait pas que je connaisse ce livre précisément, il n’en revenait pas que ce soit l’un de mes ouvrages préférés. Il a alors pris son Kindle, a sélectionné le deuxième chapitre de La Pêche à La Truite en Amérique et s’est mis à le lire à haute voix dans le wagon panoramique du California Zephyr. Le soleil était rouge et couchant sur le Colorado. J’ai eu du mal à retenir les larmes qui poussaient de mon nez à mes yeux à chaque inspiration. C’était magnifique. Je n’aurais pu inventer une telle scène. Richard Brautigan lui y aurait sûrement pensé.

Le voyage est passé si vite. Je suis rentrée dans ce train mardi aux alentours de 3:00 pm pour n’en ressortir que 52 heures plus tard, à Emeryville. J’aurais pu encore y rester davantage je crois, tant je m’y sentais bien. La dernière journée, je l’ai passée avec Nicolas un dessinateur de BD de Lyon, Fleur une étudiante en commerce à Nantes et Randy un garçon de Denver venant à San Francisco pour relier à la nage Alcatraz et la baie. Nous avons tellement parlé et ri que la journée est passée en un éclair. Je devais m’arrêter à Sacramento mais finalement, pour des questions d’organisation, je suis allée au plus près de San Francisco, soit Emeryville, sans même payer de supplément. Nous avons commandé un taxi tous ensemble, les trois Français et l’Américain, pour le centre de San Francisco. Le chauffeur nous a pris tous ensemble en photo et nos routes se sont séparées. Je suis arrivée à la maison d’Elsa, et mon merveilleux séjour en train s’est doucement éloigné pour faire place à la découverte de San Francisco. L’endroit sur terre que je désirais depuis si longtemps m’accueille à présent. Le chemin qui m’y a menée, je n’aurais jamais pu l’imaginer. Le chemin est le voyage.

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Demain, je quitte New-York

Demain, je quitte New-York. J’ai peine à croire qu’une semaine déjà s’est écoulée ici. Je tente de passer en revue les jours et les nuits. C’est incroyable le nombre de choses déjà oubliées. Cette semaine j’ai marché dans New-York, dormi à Central Park, dansé sur le toit d’un hôtel, vu mon cousin se marier, dansé sur une plage de Long Island, vu de l’art sous toutes ses formes, ai écouté un concert Punk, déambulé dans des supermarchés.


Mes yeux sur l’Amérique deviennent chaque jour plus grand, plus gros, plus écarquillés. Les contrastes de ce pays font comme des courts-circuits dans mon cortex. La vision actuelle que j’en ai est impossible à unifier et ma traversé d’Est en Ouest brouillera encore davantage mes impressions.

Mercredi, j’étais à Coney Island, l’endroit le plus photogénique de l’univers. Je ne sais plus quand j’ai su que Coney Island existait. Je ne sais pas si c’est à cause de Patti Smith ou d’un livre américain lu il y a longtemps. En tout cas, je devais vraiment voir ça en vrai. J’ai fait des essais de Polaroïds. Un d’eux est tellement jolis que je vais l’encadrer pour la maison.

Jeudi, fut la journée du mariage de mon cousin. Incroyable journée. D’abord le City Hall, équivalent de notre mairie mais en très grand, avec beaucoup de monde et où il est nécessaire de prendre un ticket. Ensuite quelques photographies des mariés sur le pont de Brooklyn. Même les touristes ont photographié les mariés sur le pont de Brooklyn ! Puis il ya eu le mariage religieux dans le jardin d’une maison de Flatbush. Je tenais un coin de la chuppa de mariage de mon cousin. J’étais honorée et émue. Tout le monde a crié Mazel tov et nous avons sorti les grands gobelets rouges, comme dans les fêtes américaines que l’on voit au cinéma.

Hier matin je prenais un car de Williamsburg à Long Island pour douze heure de fête sur la plage. L’événement était organisé par une communauté du Burning Man. Il y a peu de chance pour que j’oublie cette journée, du moins j’espère ne jamais en oublier la beauté. Face à la mer ou face au soleil, les pieds sur Terre et dans l’eau tout à la fois, nos cœurs étaient embrasés de joie. L’amour était partout. J’aurais voulu que le soleil jamais ne se couche.


J’ai été surprise par l’attitude des américains quand, reconnaissante et émerveillée par tant de communion et de fraternité, je les complimentais sur leur accueil et leur gentillesse. J’ai senti comme ces américains là étaient étonnés et heureux d’entendre mes mots. Plusieurs m’ont dit se sentir mal aimé du reste du monde. Se sentir jugés comme faisant partie, malgré eux, d’un pays toujours plus imposant, dévorant. Moi, je les trouvais beaux et amicaux et simples. Ils n’étaient pas tous ainsi c’est vrai. Mais l’amour et la simplicité des échanges, la puissance du partage et du lien avec les éléments naturels étaient dominant sur Lido Beach. J’aurais voulu que le soleil jamais ne se couche.

Demain, je quitte New-York. Je prends le Lake Shore Limited pour Chicago. Une traversée de dix-neuf heures en train. J’ai hâte de voir les paysages de l’État de New-York, de la Pennsylvanie, de l’Ohio, de l’Indiana et de l’Illinois. Une fois arrivée à Chicago, j’ai hâte de voir ses tours qui me tomberont dessus de si haut, comme à New-York. J’ai hâte aussi de voir son métro aérien. Ensuite, je prendrai un second train, le California Zephyr, pour atteindre Sacramento. Je traverserai l’Iowa, le Nebraska, le Colorado, l’Utha et le Nevada. Je rejoindrai enfin San Francisco pour deux semaines. C’est définitivement l’endroit qui, aujourd’hui, m’appelle même en rêve.

Demain, je quitte New-York.

Tout le monde avait raison sur l’Amérique

Le premier jour à New-York est passé. Personne n’avait menti, tout le monde avait raison : l’Amérique, c’est autre chose et New-York est la porte qui s’ouvre sur ce nouveau monde.

Dans l’avion, je n’ai pas dormi. Nous suivions le soleil dans sa course et j’ai trouvé que la sensation rare de sentir sa chaleur sur mes joues, lorsqu’il était pour moi 2h du matin, rendait tout sommeil interdit. Après des heures d’océan nous avons perdu la course contre le soleil et j’ai compris que nous n’étions plus loin. Lorsque j’ai revu la terre par le hublot nous étions au dessus de Plymouth ( Massachusetts). Ce sol de diodes brillait pour moi comme le début de l’Amérique. Toute émue que j’étais par la vision aérienne de ces constellations urbaines j’ai levé les yeux au ciel, encore plus haut que le ciel où nous étions déjà, et je suis tombée nez à nez avec la Grande Ours. La sensation de voir, à ce moment où tout était nouveau sous mes yeux, cette familière casserole que j’ai toujours connue et si souvent cherchée m’a émue aux larmes. Peut-être le manque de sommeil.

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L’avion a amorcé sa descente et mon nez faisait des traces sur le hublot à tant s’y coller pour voir la ville sous nous. Une fois au sol, je trépignais d’impatience de sortir de cette boîte et de poser le pied sur ce nouveau sol. Quelle magie de prendre le temps de vivre l’instant précis du pied qui touche la terre (plus souvent le bitume) d’un pays que l’on n’a jamais foulé. Le commandant de bord a pris le micro et a longuement parlé. J’écoutais sa voix américaine de loin, comme dans un bain de coton, car je voulais uniquement poser mon pieds sur son pays. Mais quand il a parlé de « terrorist attack » j’ai vu le haut des crânes des passagers se redresser comme une peau de chair de poule. Nous étions au sol, sur le tarmac, et l’on nous informait qu’une attaque terroriste était en cour dans l’aéroport et que la sécurité nous interdisait de sortir de l’appareil. Les lumières de l’avion étaient éteintes et nous attendions dans le noir. Cela a duré deux heures. Les visages éclairés par le bleu des smartphones parlaient d’une fusillade, mais d’aucun mort ou blessé. Rassurée par ce bilan, je pensais seulement qu’il allait falloir trouver à me connecter à Internet et donner des nouvelles avant que Maman ne fasse sa revue de presse matinale et ne recrache son café par le nez.
En sortant de l’avion il nous a été demandé de courir. Je ne sais pas quand j’ai posé le pied en Amérique.

Après ma première nuit à Brooklyn, dans le quartier de Willamsburg, j’ai chaussé mes baskets et suis partie tôt de la maison. J’avais décidé pour cette journée de ne rien prévoir et de me perdre quelque part. Je suis descendu du métro à Broadway-Lafayette dans le quartier de SoHo  au Sud-Ouest de Manhattan. J’ai marché le nez en l’air et j’ai eu besoin de me répéter plusieurs fois que j’étais là où j’étais. J’ai mangé mon premier Bagel and Cream Cheese et pris mon café à emporté.

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Le quartier de SoHo

Sur Broadway, perdue dans mes pensées, j’entends quelqu’un me dire en français : Vous, vous êtes française. C’était un petit homme d’une soixantaine d’années vêtu d’une chemise bleue, d’un pantalon gris et de mocassin sans chaussettes. Il portait à la main son journal. Nous avons discuté en marchant. Né à Casablanca il vit à New-York depuis 40 ans. Nous nous sommes assis ensemble sur un banc. Il est artiste et me parle du début de son art à New-York, des rats dans les ateliers dans les années 60, de sa jeunesse aux Maroc et en Israël, de l’encre et du papier. Je lui parle de Paris, du fromage et de l’écriture. Il me donne sa carte, m’emmène acheter du pain et me propose d’aller voir son atelier. C’est en rentrant dans ce loft que j’ai pris la dimension de son art. Des toiles immenses ou petites sur grands murs blancs, faites de millions de minuscules traits tracés à la plume, jusqu’à 12 heures par jour. Il me sert des olives, de l’eau et du pain à l’origan. Ces œuvres sont exposées au MoMa, au Guggenheim, au Centre Pompidou, au British Museum , partout dans le monde et je suis là car je ressemble à une française perdue sur Broadway. Jacob me montre comment il travaille et je suis fascinée. Nous sommes restés à parler dans son atelier près de quatre heures. Je fais deux portraits Polaroïds de lui. Il m’a dit de revenir dans la semaine et j’ai repris ma route.

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L’atelier de Jacob E. H.

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Tout est immense et les tours me tombent dessus. La chaleur est moite et collante, je n’ai jamais ressenti cela avant. Après un verre au Bryant Park avec ma cousine, je passe par Times Square qui clignote et brille et crie et sent la frite. Je me perds de nouveau sur la 8th Avenue. Dans un quartier plus résidentielle j’entends chanter des cigales. Je me dis que vraiment, tout est possible à New-York. Je reprends le métro qui colle et salie pour rentrer à Brooklyn. Nous mangeons le fromage que j’ai ramené de France en buvant du vin de Californie. Dans la colocation il y a deux français, un franco-américain et une américaine. Il y a aussi deux anglais, mais ils ne sont pas là. En sortant boire un verre nous croisons un camion à glace qui fait de la musique et un camion de pompier plus gros que tous les camions de pompiers du 14 juillet. A l’angle d’une rue, une bouche d’incendie qui crache de l’eau, tout comme on s’imagine une bouche d’incendie qui crache de l’eau dans une rue chaude et humide de Brooklyn en plein mois d’août. Nous courrons dans l’eau crachée en riant. Je n’en reviens pas d’être là.  Je n’en reviens pas de cette journée et je me dis que oui, tout le monde avait raison, ce sera quelque chose ces 28 jours en Amérique.

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Death Mary

Faire rentrer l’univers dans un seul sac à dos

Il a toujours été question de partir en Amérique, mais c’était quelque chose d’aérien, de loin, de fantasmé. Et voilà que nous y sommes, que c’est après-demain.

J’expérimente depuis quelques jours la peur de partir de la maison pour un moment. Que, quoi qu’il se passe, je n’entendrai ni le parquet grincer, ni le chat miauler. Que, quoi qu’il se passe, il faudra faire sans l’odeur de la chambre et le vent sur le balcon. C’est le départ qui est difficile, une fois là-bas, j’oublierai le chat.

Je n’ai jamais eu à préparer de long voyage. Je suis partie après ma classe préparatoire littéraire, un peu moins de deux mois dans le sud de l’Angleterre où vit ma sœur aînée. J’y allais pour travailler. Ma valise avait été un échec mémorable. Que de l’inutile ou de l’immettable. Moralité, j’avais dépensé beaucoup de sous sur place à m’acheter des vêtements que je n’ai pour la plupart absolument pas portés en France.

Riche de ma petite expérience mais aussi de divers conseils d’amis, pages de blog et guide du parfait voyageur, je suis sur ma valise depuis deux semaines. Une valise mentale, faite de mille et une liste. Listes de listes. Listes de listes de listes. Mais hier, j’ai commencé à remplir le sac de toutes ces listes.

HYGENE ET SANTE

cosmétiques, brosses et pinces, huiles essentielles, petite pharmacie

Je n’ai pas pris de shampoing, ni de savon ou toutes ces choses encombrantes qui sont toujours mouillées quand il est l’heure de faire son sac. Ce sera pour moi l’occasion de me rendre au Whole Foods Market et d’acheter de quoi me laver comme une bonne américaine qui consomme BIO et aime les animaux.

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ELECTRONIQUE

chargeurs divers, ordinateur, adaptateur, multi-prise, écouteurs, clé USB, cartes SD, piles, sèche-cheveux

Je n’avais pas l’intention de prendre mon ordinateur portable. Je m’imaginais avec un chapeau, dans le vent chaud et froid de Californie, armée d’un carnet jauni et d’un crayon de bois. Je tolérais dans mes images de l’Amérique, une machine à écrire. Et puis j’ai lu des récits de voyages en ligne, des blogs de voyageurs, et j’ai eu envie de bloguer de nouveau. J’ai donc décidé de prendre l’ordinateur et d’accepter d’actualiser un peu mes images mentales de Beat Generation.

PHOTOGRAPHIE

Fujifilm Instax 210 (pour faire des polaroïds), Fujifilm FinePix JZ250 (pour le numérique), GOPRO

La courses aux appareils a été assez épique ces dernières semaines. Il est incroyable de constater le nombre de gens qui postent des annonces sur LeBonCoin mais ne répondent jamais aux mails. J’ai passé mon temps à actualiser des pages, à lire des fiches techniques d’appareils en tout genre en attendant qu’un vendeur enfin entre en contact avec moi. Le plus difficile aura été de trouver un appareil instantané Fujifilm Instax d’occasion. Il y a en a beaucoup en ligne, mais très souvent il s’agit d’Instax Mini. Ces appareils permettent de faire des instantanés de la taille d’une carte de visite. Je n’aime pas vraiment ce format, pas pour un voyage en tout cas. Je voulais le format au dessus, le format Wide (qui sonne comme Wilde dans ma tête). Heureusement j’ai fini par trouver l’objet de mon désir, au Cash Express d’Alésia ! Merci à Philippe.
Pour ce qui est du numérique, je ne voulais pas prendre mon appareil Reflex qui est assez volumineux (un Canon EOS 1000D). Le Fujifilm Instax 210 étant déjà un sacré parpaing, j’avais en tête de trouver un compact à glisser dans mon sac à dos. J’ai retourné Internet et j’ai fini par me trouver un Fujifilm FinePix JZ250 16 Millions pixels à 20€ ! La belle affaire ! Je me suis dit que ce serait très bien comme ça. Et puis il fallait économiser un peu sur le matériel quand on sait le prix des pellicules instantanées (compter 12€ les 10 photos en France, 8€ les 10 photos au B&H de New-York). Merci à ma mère qui a participé au financement des tonnes de polaroids qui vont naître durant mon voyage. Les photos de cet article sont prises avec mon téléphone portable, et ce n’est pas brillant ! La photo ci-dessous, trouvée au fond de la boîte de l’Instax, montre bien que le Cash Express teste ses appareils.

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ECRITURE

carnet noir d’écriture courante, petit carnet de notes, un crayon de bois, deux critériums, mon stylo à plume, un stylo gel noir, un stylo feutre noir, une gomme, des ciseaux, un tube de colle

C’était l’incompressible. Ma liste des fournitures scolaires, parce que j’ai toujours adoré les listes de fournitures scolaires. Le crayon de bois c’est pour les notes, les critériums pour les dessins gribouillés, le stylo à plume pour la correspondance, le stylo gel pour remplir le carnet d’écriture, le stylo feutre pour noter des choses sur les polaroids, les ciseaux et le tube de colle pour décorer mon carnet de choses très importantes comme des étiquettes de bières ou des papiers gras de hamburgers.

LECTURE

Ce n’est qu’hier que j’ai vraiment réfléchis aux livres qui m’accompagneraient. Depuis le début, il était question de lire Richard Burton : Voyages du capitaine Burton; à la Mecque, aux grands lacs d’Afrique, et chez les Mormons. Abrégés par J. Belin-De Launay d’après le texte original et les traductions de Mme. H. Loreau. J’ai acheté cette édition de 1881 à la librairie Cartouche de Jourdain. L’érudit libraire à lunettes m’a écouté parler du Journal de bord du Voyage du Beagle 1831-1836 de Charles Darwin qui m’accompagne depuis plusieurs semaines et m’a suggéré de lire Richard Burton. Il a grimpé sur son échelle pour m’attraper cette édition reliée cuire avec laquelle il était lui-même parti en Éthiopie. Impossible de refuser, j’étais alors prête à embarquer pour une destination lointaine.

Mais hier, je réfléchissais quelque peu et je me souvenais qu’il est parfois difficile de lire cette littérature du milieu du XIXème siècle. Peut-être difficile durant 8h30 de vol, ou dans le bruit de l’aéroport. J’ai donc pensé qu’il me fallait deux autres livres de secours. Je prends avec moi Un lieu à soi de Virginia Woolf que n’ai pas terminé et vais donc reprendre depuis le début. Ce voyage est pour moi lié à beaucoup d’écriture, il est temps que Virginia chuchote plus fort à mon oreille.

Je prends pour finir Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi. Je l’ai déjà lu mais c’est un coin de sûreté dans lequel il est bon de se lover. C’est fluide et ressourçant.

J’ai peine à partir sans Richard Brautigan, mais l’Amérique est pleine de libraires et de bouquinistes… Pour Kerouac, il est déjà partout dans ma tête, je dois couper le cordon.

  • Voyages du capitaine Burton; à la Mecque, aux grands lacs d’Afrique, et chez les Mormons de Richard Burton
  • Un lieu à soi de Virginia Woolf
  • Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi

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VÊTEMENTS

De toute évidence, la partie la plus difficile. J’étais certaine de prendre trop de choses, alors j’ai décidé de trancher sévèrement dans le tas. J’ai essayé de réfléchir en termes de tenues. Un nombre limités de vêtements, interchangeables, qui constitueraient le maximum de tenues différentes en s’associant les uns aux autres. Je suis plutôt contente du résultat sur le papier. Le linge propre sèche dans la salle à manger… je vois déjà poindre au loin le manque de place. Je prends même mes talons Pierre Hardy qui me gêneront tout le voyage, sauf le jour du mariage, le mariage de mon cousin.

Voilà comment j’ai préparé ce sac beaucoup trop grand pour moi. A côté de ça, je note des itinéraires, j’enregistre des adresses de musées, de fromageries, de parcs, de restaurants. J’imprime des notes et des cartes, je gribouille.
A côté de ça je suis la politique américaine pour être au fait des campagnes et j’ai lu Atlas des Etats-Unis un colosse aux pieds d’argile de Christian Montès et Pascale Nédélec, Cartographie de Cyrille Suss pour en apprendre davantage sur ce pays. Merci Laurent pour ce cadeau. Ouvrage passionnant (que j’emporte d’ailleurs avec moi).

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A côté de ça, je tente de prendre le temps de respirer, de profiter en pleine conscience de cet avant-voyage. J’essaie de me dire que ce sera fabuleux, et qu’il ne faut pas avoir peur de partir.

Merci à Philippe, à Adrien, à Ayanne, à Louise, à Elsa, à Ivy, à Laurent, à Benjamin, à Sylvain, à Geoffrey, à Olivier, à Susan, à Julie, à Anne, aux Valentine et à ma Maman. Merci à France Culture et Christophe André.

Une traversée des États-Unis

J’ai eu du mal à intégrer que ce voyage finirait par devenir quelque chose de vrai. Aujourd’hui nous sommes en août, et j’en ai fini de pouvoir dire « je pars en août ». Je réalise en ce premier jour aoûtien que mon départ est presque demain.

Je n’ai jamais entrepris de long voyage. Je suis parfois partie quelques jours ou semaines (en Angleterre, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Tunisie) mais jamais si loin et si longtemps. Et surtout jamais seule.

Je relis tous les jours mes réservations, je regarde les AM et les PM pour être certaine que tout est bien ficelé. Car mon voyage est un ensemble de voyages, en avion, en voiture, mais surtout en train.

Je vais traverser les États-Unis d’Est en Ouest et j’ai l’impression que je vais marcher de la Lune à Pluton, de Vénus au Soleil. J’ai choisi de prendre l’avion uniquement pour me rendre de Paris à New-York et enfin, de San Francisco à Paris, Il sera ensuite question de 70 heures de trains, de la traversée de 10 états et d’une location de voiture aux abords de Sacramento.

Il n’y a que le trajet qui me soit connu aujourd’hui. J’ai beaucoup de mal à ensuite organiser les choses à faire, les endroits où se rendre. Alors j’erre dans Google Earth et je note des choses sur des coins de carnets. Sur place, je compte simplement errer dans les villes et notes des choses sur des coins de carnets.

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